3/4 BRUT DE QUOI ?

L’artiste Jean Dubuffet a appelé « art brut » des œuvres qu’il collectionnait à partir de 1945, souvent faites par des personnes autodidactes et marginales. Il rêvait d’un art solitaire, sans influence extérieure, réalisé de manière spontanée. Très tôt cet idéal est critiqué par un jeune artiste autodidacte, Gaston Chaissac, qui lui demandait : « Ne pourriez-vous pas parler d’un art demi brut, d’un art trois quarts brut, d’un art un quart brut ? ».

Parler d’art à 3/4 BRUT, c’est faire le pari que chaque personne a un.e artiste solitaire en soi, qui peut créer à partir de ses propres mouvements, de son monde singulier, de ce qui la traverse en ce moment. Les ateliers de l’association sont imaginés pour découvrir ces forces créatives, et trouver du jeu dans les formes qui en émergent.

L’art brut n’est peut-être pas une catégorie artistique cohérente, mais c’est une formidable source documentaire pour questionner et encourager la créativité partout où elle se trouve : dans les marges du cahier, dans les arts singuliers, les jardins fantasques, les constellations mentales, les chants expérimentaux, l’écriture de ses rêves, etc. Mon enquête universitaire a permis de découvrir de nombreuses pratiques et biographies d’autodidactes, ainsi que de nombreux sites apparentés à l’art brut dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Ce sont ces découvertes qui nourrissent les propositions d’animation culturelle de l’association, sous influence brute.

Gaston Chaissac, Composition avec visages